La saisie attribution par huissier de justice

Décrypter Anticiper Huissier Image huissier en train de compter le montant de la saisie

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Imaginons un instant que vous vous trouviez face à une situation délicate : après plusieurs relances, un client n'a toujours pas réglé ses factures. Malgré vos efforts pour résoudre la situation à l'amiable, vous voilà contraint d'envisager des mesures plus drastiques. Comment récupérer les sommes qui vous sont dues ? Est-il possible d'agir directement sur les avoirs bancaires de votre débiteur ? Quel rôle joue l'huissier de justice dans ce processus ? Ces questions, et bien d'autres, se posent lorsque l'on se trouve confronté à la nécessité de recourir à une saisie-attribution. Cet article a pour vocation de vous guider à travers cette procédure, en mettant en lumière les étapes à suivre, les acteurs impliqués et vos droits en tant que créancier, le tout dans le respect des cadres légaux établis.

 

Qu'est-ce que la saisie-attribution ?

Définition et cadre légal

Selon le Code des procédures civiles d'exécution (articles L. 211-1 à L. 211-3), la saisie-attribution permet à un créancier, après obtention d'un titre exécutoire, de bloquer les sommes d'argent détenues par son débiteur sur ses comptes bancaires ou auprès de tiers détenant des créances du débiteur. Le créancier pourra ensuite faire appel à un huissier de justice pour saisir les avoirs de son débiteur. Cette démarche suppose une connaissance précise des sommes disponibles sur les comptes du débiteur et exige la collaboration du tiers saisi (souvent une banque) pour la réussite de l'opération.

 

Les acteurs impliqués

L'huissier de justice joue un rôle pivot dans la mise en œuvre de la saisie-attribution. Il est le seul à pouvoir exécuter l'acte de saisie, après avoir vérifié la validité du titre exécutoire et informé le débiteur de la démarche engagée. Le débiteur se retrouve au centre de cette procédure, ses actifs étant directement visés pour garantir le paiement de la créance. Quant au tiers saisi, il est obligé de déclarer les fonds disponibles appartenant au débiteur et de les retenir jusqu'à la résolution du litige.

 

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Procédure de saisie-attribution

La première étape pour le créancier consiste à obtenir un titre exécutoire, attestant de sa créance envers le débiteur. Une fois ce document en main, l'huissier procède à la saisie en signifiant l'acte de saisie au tiers saisi. Cette notification déclenche le blocage des fonds du débiteur.

Le tiers saisi a ensuite un délai légal pour informer l'huissier des montants disponibles. Durant cette période, le débiteur a la possibilité de contester la saisie devant le juge de l'exécution, notamment si les sommes saisies sont insaisissables par nature (minima sociaux, allocations familiales, etc.).



Comment se déroule une saisie-attribution ?

Image huissier comptant l'argent

Le processus de la saisie-attribution

 

📄 Signification de l'acte de saisie au tiers détenteur : L'huissier de justice notifie l'acte de saisie au tiers saisi, généralement la banque où le débiteur détient des comptes. Cette étape est cruciale, car elle informe officiellement le tiers de la saisie en cours.

🚫 Blocage des fonds : Dès réception de l'acte, le tiers saisi doit bloquer les fonds du débiteur jusqu'à concurrence du montant indiqué dans l'acte de saisie. Les fonds restent bloqués pendant un délai de 8 jours, période durant laquelle le débiteur ne peut disposer de son argent.

💶 Déclaration du tiers saisi : Le tiers saisi a l'obligation de déclarer, dans un délai fixé, les sommes susceptibles d'être saisies détenues en faveur du débiteur. Cette déclaration est fondamentale pour déterminer l'ampleur des fonds disponibles pour le recouvrement de la créance.

 

💡 À noter : Le rôle du tiers saisi dans une procédure de saisie-attribution est crucial et souvent méconnu. En pratique, lorsque la saisie concerne un compte bancaire, la banque agit en tant que tiers saisi et dispose d’un délai de 15 jours pour déclarer les sommes disponibles sur les comptes du débiteur. Cette période est déterminante pour la suite de la procédure.

 

Les suites de la saisie-attribution

Après le blocage des fonds, plusieurs scénarios peuvent se présenter :

👍​​Si le débiteur accepte la saisie, les fonds sont transférés au créancier jusqu'à extinction de la créance.

👎Si le débiteur conteste la saisie, cette contestation doit être portée devant le juge de l'exécution dans un délai d'un mois après la notification de la saisie. Il est crucial pour le débiteur d'agir rapidement s'il considère la saisie injustifiée ou si les sommes saisies comprennent des montants normalement insaisissables.

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Les droits et recours du débiteur

Les moyens de contestation

La loi offre au débiteur la possibilité de contester la saisie. Cette contestation doit être adressée au juge de l'exécution, selon des modalités précises définies par le Code des procédures civiles d'exécution. Le débiteur dispose d'un délai d'un mois à compter de la notification de la saisie pour déposer sa contestation. Cette étape est cruciale car elle peut mener à la suspension ou à l'annulation de la saisie si le juge estime que la procédure n'a pas été respectée ou que les sommes saisies ne sont pas saisissables.

 

Les protections légales du débiteur

Certaines sommes sont insaisissables de droit, ce qui garantit au débiteur un minimum vital. Par exemple, le RSA et d'autres minimas sociaux sont protégés contre toute saisie. De plus, le Code de procédure civile stipule que le débiteur doit être laissé avec un montant minimal sur son compte bancaire après une saisie, assurant ainsi la couverture des besoins élémentaires de la personne et de sa famille.

Le dossier de surendettement pour le débiteur peut être une solution pourra demander un étalonnage du paiement.

 

Procédure en cas de saisie abusive

Si le débiteur estime que la saisie ne respecte pas les conditions légales ou qu'elle porte sur des sommes insaisissables, il peut engager une procédure pour contester la saisie-attribution. Cette démarche implique généralement la consultation d'un avocat spécialisé en droit des procédures d'exécution, qui pourra guider le débiteur à travers les étapes de la contestation.

 

Récapitulatif des étapes à suivre par le débiteur

1️⃣​​​ Vérification de la notification de la saisie : le débiteur doit s'assurer qu'il a bien reçu tous les documents légaux relatifs à la saisie.

2️⃣ Évaluation des sommes saisies : déterminer si les sommes saisies respectent les critères d'insaisissabilité prévus par la loi.

3️⃣ Contestation de la saisie : si nécessaire, engager une procédure de contestation devant le juge de l'exécution, en respectant le délai d'un mois.

4️⃣ Consultation d'un professionnel : envisager de consulter un avocat spécialisé pour obtenir des conseils juridiques adaptés à la situation.

 

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Conseils pratiques pour les créanciers

Gérer les contestations et les imprévus

Même avec une préparation minutieuse, le processus de saisie-attribution peut rencontrer des obstacles, notamment lors de la dénonciation de la saisie. Pour se prémunir contre ces aléas, le créancier doit s'assurer que la procédure est irréprochable du point de vue légal, en respectant scrupuleusement toutes les étapes prévues par le Code des procédures civiles d'exécution.

 

Il est également conseillé de maintenir un dialogue ouvert avec le débiteur tout au long de la procédure. Une solution amiable, même après l'engagement d'une action en justice, reste souvent préférable pour toutes les parties impliquées.

 

Récapitulatif des étapes à suivre par le créancier

1️⃣​​​ Obtention d'un titre exécutoire : première étape légalement requise pour entamer une procédure de saisie.

2️⃣ Évaluation de la solvabilité du débiteur : déterminer si le débiteur dispose d'actifs saisissables.

3️⃣ Action rapide et collaboration avec un huissier : localiser les actifs du débiteur et procéder à la saisie de manière efficace.

4️⃣ Préparation face aux contestations : s'assurer que la procédure respecte le cadre légal pour minimiser les risques de contestation.